Thuy B. Tran, David J. Worhunsky, Malcolm H. Squires III, Linda X. Jin, Gaya Spolverato, Konstantinos I. Votanopoulos, et al.

Outcomes of Gastric Cancer Resection in Octogenarians: A Multi-institutional Study of the U.S. Gastric Cancer Collaborative

Ann Surg Oncol. 2015 Mar 31. [Epub ahead of print]

Etude rétrospective multicentrique comparant 127 patients âgés de plus de 80 ans (13%) avec un groupe de patients de moins de 80 ans de 826 patients ayant bénéficié d’une gastrectomie pour cancer.

Le groupe >80 ans avaient plus de co-morbidité (p<0.001), avaient une tumeur plus souvent symptomatique (saignement digestif ; p=0.016) et recevaient moins de traitement néoadjuvant  (p<0.001). Les patients >80ans étaient significativement plus opérés par laparoscopie (p=0.005) mais une gastrectomie total ou un curage D2 étaient moins souvent pratiques dans ce groupe. Les 2 groupes n’étaient pas différents en termes de stade TNM.

Le taux de morbidité majeure (Clavien III/IV) était significativement plus élevé chez les patients de plus de 80 ans (27.6% vs. 17.4% ; p=0.006), de même la mortalité postopératoire a 30 jours (6.3 vs. 3.4% ; p=0.001) et a 90 jours (19.7% vs. 7.9% ; p<0.001). En conséquence, le traitement adjuvant était significativement moins délivré dans le groupe > 80 ans (p<0.001).

Age> 80 ans était un facteur indépendant de mortalité a 90 jours (p=0.045) tout comme le taux d’albumine sérique (p<0.001), rappelant ici l’importance du statut nutritionnel préopératoire.

La survie globale (OS) était significativement plus courte dans le groupe > 80 ans. En revanche, pas de différence en terme de survie cancer-spécifique (DSS) entre les patients de plus et moins de 80 ans, et ce quelque soit le stade AJCC.

Alors qu’une récente étude rétrospective asiatique (voir The outcome of surgical treatment for elderly patients with gastric carcinoma. PMID: 25753213) rapportait l’absence de différence de morbi-mortalité péri opératoire entre les patients octogénaires et ceux plus jeunes et une DSS plus courte chez les patients, cette large étude multicentrique américaine rapporte le contraire. On peut alors se poser la question de l’impact de l’origine ethnique sur les suites opératoires (octogénaires asiatiques avec moins de co-morbidité, un IMC moins élevé et donc plus a même de supporter une chirurgie majeure comme des patients plus jeunes).

Analyse : A DOUSSOT

Sakurai K, Muguruma K, Nagahara H, Kimura K, Toyokawa T, Amano R, Kubo N, et al.

The outcome of surgical treatment for elderly patients with gastric carcinoma

J Surg Oncol. 2015 Mar 8. doi: 10.1002/jso.23896. [Epub ahead of print]

Etude rétrospective japonaise comparant 95 patients (>80 ans) avec un groupe contrôle de 366 patients (60-69ans) ayant bénéficié d’une gastrectomie pour cancer.

Sans surprise, le groupe >80 ans avaient plus de co-morbidité (p<0.001). En revanche, les 2 groupes n’étaient pas différents en termes de stade TNM mais un curage extensif >D2 était significativement plus réalisé dans le groupe >80 ans (p=0.03).

Il n’y avait pas de différence en termes de morbidité et mortalité. En revanche, les patients du groupe >80 ans recevaient significativement moins de traitement adjuvant (p=0.001).

Les survies globale (OS) et cancer-spécifique (DSS) étaient significativement plus courte dans le groupe >80 ans, avec une maladie de stade II ou III (p<0.01) mais pas avec une maladie de stade I ou IV. A 5 ans, aucun patient >80 ans avec une maladie de stade I (n=43) n’était décédé de son cancer gastrique.

Alors que les patients n’étaient pas appariés sur le stade tumoral, le type de résection et de curage ainsi que la délivrance du traitement adjuvant, il est difficile de tirer des conclusions « carcinologiques » et le principal enseignement de cette étude est que la gastrectomie pour cancer chez le patient de plus de 80 ans est faisable et pas plus morbide que chez les patients plus jeunes.

Analyse : A DOUSSOT