Marchegiani G, Mino-Kenudson M, Ferrone CR, Morales-Oyarvide V, Warshaw AL, Lillemoe KD, et al.

Patterns of Recurrence After Resection of IPMN. Who, When, and How?

Ann Surg 2015. Dec 1;262(6):1108-14.

Etude rétrospective du MGH sur 400 TIPMP réséquées et avec spécimen utilisable pour réanalyse anatomopathologique. Sur ces 400 patients, 19 avaient une TIPMP associée à un adénocarcinome pancréatique, desquels 74% ont récidivé et sont décédés rapidement après la résection primaire. En revanche, des 381 patients avec TIPMP sans adénocarcinome, seulement 17% ont récidivé. 
 
Dans ce groupe, la survie sans récidive à 10 ans était de 78%. La localisation  canal principal versus canal secondaire n’influait pas sur la récidive. En revanche, une marge de résection TIPMP-positive était associée avec un taux de récidive plus élevé et plus précoce. 
 
Egalement, la présence d’une composante invasive, notamment tubulaire, sur la lésion réséquée étaient un facteur de risque de récidive, qui pouvait être locale (pancréas restant) ou à distance (foie, poumon).
 
En cas de lésion non invasive, la présence de dysplasie de haut grade sur la marge était un facteur indépendant de récidive essentiellement locale. 
 
Au total, 13.8% des patients présentant une récidive étaient réopérés après un intervalle médian de 52 mois (10-135).
 
Enfin, 33 patients réséqués présentaient une TIPMP jugés canal-secondaire dans le futur pancréas restant et qui était laissée en place pendant la résection. Au cours d’un suivi médian de 61 mois, aucun de ces 33 patients n’a présenté de signes d’évolution péjorative et tous ont été suivis de manière conservative.

Analyse : A DOUSSOT

Rutter CE, Park HS, Corso CD, Lester-Coll NH, Mancini BR, Yeboa DN, Johung KL.

Addition of Radiotherapy to Adjuvant Chemotherapy Is Associated With Improved Overall Survival in Resected Pancreatic Adenocarc

Cancer. 2015 Dec 1;121(23):4141-9.

Large étude rétrospective sur 6165 patients réséqués entre 1998 et 2009 reposant la question de la supériorité de la radiochimiothérapie adjuvante par rapport à la chimiothérapie adjuvante seule après résection pancréatique pour adénocarcinome, et plus particuliérement en cas de maladie N+ ou R1.
La supériorité de la radiochimiothérapie en terme de survie globale était retrouvée dans une cohorte matchée de 1954 patients versus 1954 patients (HR, 0.851; 95%CI, 0.793-0.913; P<.001).

Analyse : Analyse: A DOUSSOT

Delpero JR, Boher JM, Sauvanet A, Le Treut YP, Sa-Cunha A, Mabrut JY, et al.

Pancreatic Adenocarcinoma with Venous Involvement :

Ann Surg Oncol. 2015 Feb 10. [Epub ahead of print]

... Is Up-Front Synchronous Portal-Superior Mesenteric Vein Resection Still Justified? A Survey of the Association Française de Chirurgie.

Etude rétrospective de l’Association Française de Chirurgie incluant 1399 patients ayant eu une duodénopancréatectomie céphalique ou totale pour adénocarcinome pancréatique sans (n=997) ou avec (n=402) résection veineuse. Sans surprise, les patients avec résection veineuse était significativement plus ictérique (p=0.018) au diagnostic, avec une maladie plus avancée justifiant significativement plus de traitement néoadjuvant que les patients n’ayant pas eu de resection veineuse (20% vs. 7% ; p<0.001). Cette maladie plus avancée se traduisait à l’anatomopathologie par une taille tumorale plus importante (p<0.001), un nombre de ganglions régionaux envahis plus important (p<0.001) et un taux plus élevé de résection incomplète (R1) (38% vs. 18.5%; p<0.001).

Il n’y avait pas de différence en termes de morbi-mortalité. En revanche, la survie globale étaient significativement plus courte dans le groupe « résection veineuse » (médiane 21 mois vs. 29 mois; p=0.0002). La résection veineuse était un facteur indépendant de mauvais pronostic (HR=1.75, 95 % CI 1.28–2.40; p = 0.0005). Dans le groupe « résection veineuse », la survie était significativement impactée, de manière positive, par le traitement néoadjuvant (HR 0.52, 95 % CI 0.29–0.94; p = 0.031) ainsi que le traitement adjuvant (HR 0.55, 95 % CI 0.35–0.85; p = 0.006).

Au total, en cas d’envahissement veineux suspecté ou diagnostiqué en préopératoire, la résection veineuse en bloc est justifiée. Un traitement néoadjuvant serait très probablement bénéfique aux patients de ce sous-groupe.

Analyse : A DOUSSOT

Eran Sadot, Olca Basturk, David S. Klimstra, Mithat Gonen, Lokshin Anna, Richard Kinh Gian Do, et al.

Tumor-Associated Neutrophils and Malignant Progression in Intraductal Papillary Mucinous Neoplasms

Ann Surg. 2015 Jan 5. [Epub ahead of print]

An Opportunity for Identification of High-Risk Disease

Etude confirmant l’association entre la présence de neutrophiles (Tumor Associated Neutrophils : TAN) dans le microenvironnement des lésions de TIPMP et leur caractère invasif ou a risque. Toutes les lésions de TIPMP étaient TAN-positive ainsi que 94% des lésions à haut risque (carcinome invasif, n=9 et dysplasie de haut grade, n=21). A l’inverse, 96% des lésions à bas risque (dysplasie de bas grade ou intermédiaire) étaient TAN-négative. Ces résultats confirment l’importance du processus inflammatoire dans l’évolution des TIPMP vers un caractère invasif.

L’analyse du profil protéique (protéines inflammatoires) du fluide intra kystique de ces mêmes lésions représentait un témoin fiable de la présence de TAN. MMP-9 et CA 72-4 étaient les protéines les plus significativement associées aux lésions de haut risque. La combinaison du profil intra cystique protéique avec les critères radiologiques usuels permettaient d’augmenter la discrimination diagnostique préopératoire entre TIPMP a haut et bas risque (AUC=0.796 ; p<0.001).

En résume, le liquide intra kystique est accessible en préopératoire par ponction radioguidée et le profil protéique inflammatoire intra kystique  pourrait constituer un outil diagnostique important pour la prise de décision opératoire, en cas de lésion a haut risque. Une validation externe de cette signature est nécessaire pour étendre plus largement son application.

Analyse : A. Doussot